PRESENTATION these mbarak Boublel et mohammed Babaammi

mbarak boublel - mohammed babaammi

3/25/20178 min read

PRESENTATION

Il existe des particularités, qui distinguent certains chercheurs, telles que l’esprit qui s’articule autour de la crise, de la complexité et des problématiques ; en passant par la considération de l’impossibilité comme titre et l’exagération dans les sous-entendus et les tournures lexicales, sans oublier les concepts tortueux, qui font que certains travaux de recherche finissent par tout dire sans être responsable de leurs conclusions… Considérés dans leur ensemble, tous ces aspects caractérisent un certain nombre de travaux de recherche et l’on peut même considérer qu’aucune discipline, ni société, ni siècle n’ont été exempts de tels exemples : le critère de différenciation et démarcation, entre les approches élaborées, réside dans la relativité et la prédominance d’une part, la profondeur et l’acuité d’autre part.

À contrario, il en est qui abordent une lecture des crises non pas pour s’y attarder mais, au contraire, c’est tout en faisant appel à l’esprit critique, qu’ils s’attellent à résoudre les problématiques en considérant la simplification et l’efficience comme axes prioritaires des idées porteuses. Ce faisant, cette catégorie de chercheurs s’attelle à découvrir le possible et à le défendre, cherchant à atteindre la clarté et la précision dans l’interprétation de ce qui paraît, de prime abord, difficile et confus. C’est ainsi que l’on voit se dessiner, chez ces chercheurs, la quête de la simplicité et la crédibilité car ses derniers n’ignorent pas la responsabilité qui leur échoit, conséquence des conclusions de leurs analyses et travaux ; plus, ils en assument les retombées sur les plans cognitifs et civilisationnel.

Boublal Mebarek est un chercheur à l’esprit mathématique, qui a pratiqué l’expérimentation au laboratoire ; il a donc exploré le champ des mathématiques et de l’expérimentation bien avant de pénétrer la sphère des sciences humaines et de la pensée. Par conséquence, c’est sous l’influence de la pensée mathématique que l’auteur aborda la recherche dans le domaine des sciences de la connaissance et des méthodologies exégétiques ; et c’est ainsi que les thèses qu’il avance, prennent pour base la méthodologie mathématique. L’argumentation avancée par ce chercheur, quant au choix de la méthode mathématique, réside dans le fait que les approches textuelles présentent le désavantage de la répétition, de l’imprécision et surtout les emplois textuels sans référentiel méthodologique et logique.

Il faut reconnaitre que le chercheur Boublal Mebarek avait vu juste, dans le choix de son approche argumentative, à plus d’un titre, d’autant plus que le monde musulman sombre dans de nombreux problèmes méthodologiques. Parmi ces problèmes on peut citer la finalité descriptive, des études, la disjonction qui empêche d’appréhender les phénomènes dans leur globalité, l’impossibilité de passer de l’idée à l’action et enfin une irresponsabilité chronique qui tend à faire supporter les défaillances à l’autre.

Cependant, et quoique la méthodologie adoptée par le chercheur peut être considérée comme un choix pertinent, quelques problèmes, et pas des moindres, se sont dressés devant lui – comme c’est le cas pour d’autres chercheurs -, il s’agit en l’occurrence de ce que l’on appellerait « le passage d’un extrême à l’autre » ce qui signifie que le chercheur, dans sa quête de vérité, peut tomber dans des situations où la solution proposée est plus compliquée que le problème posé. On en veut pour exemple les raisonnements insensés sans causalités apparente, la relativité absolue qui consiste à nier une vérité établie sous prétexte de l’autonomie, ou de la liberté, la sacralisation des points de vue, et enfin de l’historicité qui veut que chaque terme possède une finitude temporelle, même s’il s’agit d’un texte divin à l’exemple du Coran. C’est ainsi que des lectures du phénomène humain, ont commencé par être faites à partir de la grille des sciences expérimentales et plus précisément par une prise en compte de l’aspect purement matérialiste. Cette option étant justifiée par l’adage qui dit que si les sciences expérimentales ont réussies dans le domaine des sciences de la nature, elles pourraient bien réussir dans le champ des sciences humaines, surtout que certaines approches méthodologiques, chez les musulmans et les postmodernistes, se sont figées, au point de se situer entre deux extrêmes ; la répétition ou la dissolution.

Ces deux extrêmes ont donc constitué pour le chercheur un défi qui pourrait mettre en péril ses conclusions, mais – j’en témoigne – il a réussit, sur une grande sphère, à surpasser ce dilemme méthodologique, par un effort continu et une assiduité dans la recherche bibliographique. Ces efforts ont été complétés ; par un esprit critique qu’il applique à sa personne, avant qu’il ne soit appliqué aux autres d’une part, et par la confiance placée dans son directeur de thèse d’autre part. Une remarque de fond doit être mentionnée : le travail entrepris, par le chercheur, n’a pas été diligenté dans un esprit visant un quelconque côté matériel. Bien au contraire, c’est l’état de décadence de l’Oumma musulmane, ainsi que toutes les élucubrations érigées autour du « sacré » qui ont été la cause de ses préoccupations extrêmes. Préoccupations parmi lesquelles on peut compter ces « savants commerçants » aptes à produire une science sur commande et qui par cette production cognitive dirigée ont influencés des générations de jeunes, les poussant vers des voies sans issues, perdant par là l’occasion d’une « possibilité civilisationelle », pour des décennies.

Partant de cette situation de crise, légitime, Boublal met entre les mains de son lecteur une approche qui tend à établir une distinction entre le « relatif » et l’ « absolu » ; c’est ainsi qu’il clarifie sa position en ne permettant pas la sacralisation du relatif, qui deviendra alors absolu, sous prétexte d’appartenance à l’héritage musulman connu aussi sous le vocable « le lègue des anciens aux suivants ». Dans la même continuité, cette approche ne permet pas d’outrepasser certaines limites sémantiques en désacralisant l’absolu en le muant en relatif.

C’est ainsi que le chercheur en est venu à proposer une approche méthodologique qui permet, au lecteur du texte sacré, de passer de la question à l’hypothèse, au lieu de passer directement au jugement établi sur « un sens présupposé », ce qui annule simplement la distance entre la volonté divine et la compréhension humaine ; et la phrase : « Dieu a voulu dire, ceci… », illustre parfaitement ce manque de considération de l’humain qui s’érige au niveau de la dimension divine. Il est important de souligner que l’hypothèse n’est pas une négation de la réalité, elle n’entraine pas d’imprécision sur le sens, elle est conditionnée par l’expérience, le débat, la confrontation contextuelle, aux études linguistiques et à la logique de la pensée.

La présente recherche considère le Coran comme une source de principes aptes à la formalisation d’ « hypothèses scientifiques », à partir desquelles il devient possible d’émettre des hypothèses qui peuvent fonder des recherches dans divers domaines de la cognition. Cette approche permettrait, donc, non seulement d’apporter des réponses à des questionnements complexes, mais aussi de rouvrir les champs : de la réinterprétation du sens (ijtihad), de la formalisation et de l’application. L’hypothèse étant comprise, ici, dans le sens d’une proposition (appartenant à la sphère du probable), ou explication, que l’on énonce et qui reste tributaire du domaine expérimental aux fins de négation ou de confirmation.

Il reste, que chaque hypothèse est nécessairement précédée d’un questionnement et d’une problématique (ou des questionnements et des problématiques) ; la parole divine coranique se présente alors comme un questionnement directe ou une réponse à une question implicite. Plus est, le langage et la pensée gravitent, tous deux, autour d’un axe ; celui de la question et de l’hypothèse pour y revenir en finalité.

Une telle approche nous permet d’interpréter la parole divine coranique sur la base d’un ensemble de questions qui ne donneront pas, nécessairement, une réponse définitive ; mais elles peuvent constituer une impulsion pour la réflexion et la recherche du sens le plus proche possible à la parole divine. Dans ce cadre, le Coran peut devenir une source de créativité et d’incitation à l’élaboration de nouvelles approches et de sens renouvelés ; car il faut savoir que les interprétations réalisées dans le cadre traditionnel n’ont donné lieu qu’à des exégèses répétitives qui se sont transmis à travers des siècles perdant ainsi, au fil du temps, toute dynamique créative. Et c’est, peut être ce qui explique l’inertie du musulman contemporain qui se trouve dans l’incapacité d’articuler la pensée et l‘action autour du texte coranique. Cette impuissance est devenue une véritable barrière entre le musulman et ses aspirations civilisationelles et émancipatrices qui permettent d’atteindre le stade suprême de « meilleure Oumma envoyée aux hommes ».

Le recourt à la méthodologie déductive, dans l’exégèse coranique, permet une exploration « humaine et complexe », loin des schémas « matérialistes et disjonctifs » et c’est pour cette raison que l’auteur s’est trouvé dans l’obligation d’adjoindre l’hypothèse à la déduction, méthodologiquement parlant. Cette approche permet d’affranchir l’esprit des appréhensions qui naissent, généralement, lorsque l’on aborde l’analyse non pas des versets univoques, car ces derniers sont relatifs aux aspects liés à la croyance, mais aux versets équivoques à sens référentiels qui forment la majorité du contenu coranique et dont le sujet gravite autour de la connaissance, d’une manière générale.

Pour ce qui est du Coran, il faudrait préciser que ce dernier n’est pas un livre qui traite des sciences dans leur détail ; le texte coranique lui-même ne fait aucune allusion à ce sujet ; mais ce qu’il faut prendre en considération s’est que le Coran contient des fondements à toutes les connaissances ; c’est le point de départ, la base et non pas la finalité, un commencement et non une conclusion.

Ainsi, il nous est permit de classer la recherche du Docteur Boublal au niveau de l’effort juridiquement accepté ce qui n’en exclut pas la probabilité de l’erreur, et ne lui confère aucun caractère de sacralité. D’ailleurs l’auteur lui-même s’en défend et ne prétend aucunement avoir découvert ce que d’autres avant lui avaient omis ; bien au contraire il reconnait que les fruits de cette recherche, étant d’obédience humaine, son apte à la critique constructive et la falsifiabilité. Toutes ces considérations élèvent cette recherche au rang des travaux louables et méritoires qui considèrent le référent scientifique comme apte à la falsifiabilité, le débat et l’effort de groupe.

Cette recherche s’inscrit dans le cadre du modèle appelé « le modèle Rochd » qui est un système cognitif / civilisationnel qui ne peut être attribué à une personne bien déterminée, car il découle d’enseignements et de référentiels tirés du Coran, et de toute l’histoire civilisationelle islamique ; ainsi que de l’héritage cognitif de l’homme considéré dans sa dimension humaine. Cette approche se structure autour de trois axes principaux qui sont : « l’autonomie dans la recherche des causes », « l’articulation de la pensée et de l’action » et la « crédibilité » sachant que ce système est en cours de construction il n’aspire donc pas à la complétude, le cadre étant ontologique / existentiel, mais à la perfectibilité dans la limite des possibilités humaines.

Pour conclure quelques mots doivent être dits quant à la relation qu’entretient le chercheur Boublal avec l’institut Al-Manahij. Lorsqu’il s’est inscrit, il ya environ dix années, à l’institut il parcourait tous les quinze jours la distance reliant Alger, où se situe l’institut en question, et Ouargla son lieu de naissance et de résidence ; soit un cumul de 2000 Km par voyage. Il assistait, ainsi, aux séances-débats de l’institut, dont les sujets portaient autant sur la recherche scientifique que sur la méthodologie, sans accuser de retard, ni se plaindre de la fatigue ; donnant ainsi l’exemple du chercheur sérieux et intéressé. Tout ceci m’a conduit, un jour, à lui dire : « si l’institut n’a eut qu’un seul chercheur ; vous-même, il aurait rempli entièrement sa mission » ; maintenant si l’institut a compté plusieurs chercheurs, c’est par la grâce divine, et ce même institut poursuit sa voie qui est celle d’éclairer l’Oumma par une méthodologie scientifique qui s’articule autour de la source coranique.

Dr. Mohamed Baba Ammi

Directeur de l’institut Al-Manahij

27 Joumadi (2) 1438 H – 25 Mars 2017

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